L’assemblée générale du 16 mars 2025

Mot de la présidente Isabelle Auricoste

Assemblée générale du 16 mars 2025  Rapport moral

Il ne suffit plus de suivre le chemin tracé par ceux qui nous ont précédés pour constituer le corps collectif qu’est une église.  Le mode de vie sur lequel étaient bâtis nos usages et nos habitudes a évolué. En premier lieu, la dispersion de notre communauté sur un vaste espace géographique permet mal les échanges quotidiens entre les personnes. C’est une difficulté matérielle qu’il ne faut pas ignorer. Les occupations journalières, le travail, les loisirs, les réseaux sociaux et bien d’autres choses mobilisent notre temps et nos énergies hors du champ spirituel. Et enfin, la société qui nous entoure,  entièrement matérialiste, et parfois méfiante  envers les religions, reste un environnement dans lequel parfois nous ne savons plus trop bien comment nous situer.

 

L’apôtre Paul dans la première Epître aux corinthiens nous rappelle que le Royaume de Dieu ne consiste pas en paroles mais en action  (I.4-20). Remarquons que le terme  action est ici employé au singulier, c’est à dire qu’il ne s’agit pas d’agir en tous sens mais bien de discerner pourquoi et comment on agit, où est l’essentiel. Il me semble que nous nous trouvons dans une situation assez comparable à celle des destinataires des épîtres de Paul : des communautés qui avaient presque tout à inventer pour pouvoir témoigner de la présence de Dieu.

Pour nous, Eglise Protestante Unie  d’Angoulême et nord Charente, il me semble que  l’action de l’essentiel a reposé en 2024 sur trois registres principaux :

  • La solidarité des membres de l’église entre eux. Elle a été manifestée en 2024 par la présence fraternelle et nombreuse de paroissiens pour accompagner nos frère et sœur en deuil. Par l’implication et la bonne entente des membres de notre petit  conseil presbytéral  (7 personnes) pour assurer toutes les taches qui nous incombent entre les deux sites de Villefagnan et Angoulême. Mais aussi lors de nombreux repas préparés avec soin et partagés avec joie qui nous offrent ces moments d’amitié, de partage et d’échanges ne nourrissant pas seulement les corps mais fortifient aussi les esprits et construisent notre capacité à agir.
  • La place que nous voulons donner aux jeunes dans  notre église est une évidence mais il faut le redire toujours et y travailler sans cesse, ce sont nos enfants qui permettent notre avenir. Il est essentiel qu’ils puissent trouver et fabriquer leur place et leur rôle dans l’église. Pour cela il faut qu’ils s’y sentent chez eux. La catéchèse, la connaissance des écritures, sont bien sûr indispensables à transmettre mais la transmission de l’esprit passe aussi,  et beaucoup, par le partage des expériences, par les moments vécus ensemble. Réunir nos jeunes pour qu’ils puissent vivre ces expériences en commun  n’est pas facile ;  les emplois  du temps chargés, les distances, les différences d’âge  d’une jeunesse peu nombreuse nous imposent d’imaginer de nouvelles façons d’agir. Il me semble que cette ambition devrait être centrale. Elle ne devrait pas reposer seulement sur les épaules des catéchètes et du Conseil mais devenir le souci de tous et les idées neuves seront bienvenues.
  • L’ouverture aux autres, malgré l’enfermement tyrannique des réseaux sociaux, reste dans notre église un engagement constant. « Les humains ne vivent pas seulement dans leur corps mais avec d’autres humains »  (je cite Martin Luther). Ces humains tous différents, sont nos frères et nos sœurs.  Nos engagements sont concrets ; participation aux manifestations de l’ACAT, association d’Entraide protestante pour accueillir et accompagner des personnes en situation précaire et des étrangers demandeurs d’asile à Villefagnan, mais aussi partages bibliques mensuels avec la communauté catholique de Mansle sous la houlette du pasteur Jacques Hostetter, implication, avec l’association APVBD, dans l’organisation œcuménique et l’exposition de la bande dessinée chrétienne lors du festival d’Angoulême, présence lors des manifestations publiques contre toutes les formes d’exclusion et de violence.

Tout cela suffit-il pour nous ré-inventer, pour projeter notre église dans l’avenir ? Nous pourrons réfléchir ensemble à ce qui nous paraît être l’essentiel à poursuivre en 2025 pour notre église après avoir examiné nos activités de 202

 

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